An Oversimplification of her Beauty, romance-patchwork

An Oversimplification of her Beauty, romance-patchwork

Comme une dépression amoureuse peut prendre plusieurs tournures, un film devrait-il rassembler toutes les formes artistiques possibles ? Pour son premier long-métrage, l’artiste New-Yorkais Terence Nance a choisi d’étudier ce qu’il connait le mieux : son chagrin.

Un homme seul prend le métro un soir. L’image se fige tandis qu’une voix off présente les deux parties du film : An Oversimplification of her beauty et How would you feel ? , des études très sérieuses sur les effets d’une longue relation amicale ambiguë ayant pour héros le réalisateur.

An-Oversimplification-of-Her-Beauty-posterCinéaste, plasticien, mais avant tout artiste, Terence Nance s’est petit à petit créé un nom dans le milieu New-Yorkais grâce à  ses courts métrages expérimentaux. Le sujet qu’il a choisi est basique : il essaye de disséquer la friend-zone. Pour les anglo-saxons, ce terme définit la plus grande peur des hommes : être considéré comme un ami et non un potentiel partenaire sexuel par les femmes. Loin de la farce graveleuse, Nance a rassemblé des images et projets qui représentent pas moins de six années de travail. Le résultat, très séduisant dans l’idée, peine en pratique. Parti d’un court-métrage réalisé en 2006, Terence Nance a tricoté autour d’une relation ambiguë qu’il a expérimenté avec une amie. En guise de fil rouge, il utilise sa propre voix, très froide et distante, pour faire le lien entre les séquences animées et celles en images réelles. Ce fourmillement d’idées n’est qu’en partie désorganisé : Nance donne à voir le film en train de se créer. Il change les VHS entre les séquences, reprend un récit ici commencé là. Bien que filmé du début à la fin, il garde une distance entre ses différents rôles, et n’est que le héros pendant un temps. Son projet se veut être un équivalent cinématographique du stream of consciousness, mais il perd de son ampleur une fois le stratagème dévoilé. L’omniprésence de Terence Nance finit par révéler ses faiblesses : il n’incarne pas son texte et a coupé toutes ses répliques du montage. Accompagné des faibles plages musicales de Flying Lotus (et non de Jay-Z, qui fait partie d’une longue liste de co-producteurs), le résultat sonore monotone semble être en parfaite opposition avec le chatoiement des images.

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Crédits photos : Damned Distribution

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