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CINEMA : « World War Z », Zombie-Pitt-*insérez terme viril*

C’est l’heure du sauvetage du monde entier par LE héros/fantasme de la gent féminine : Brad Pitt (de préférence avec une gueule cassée pour faire authentique). Usé, cet énième film apocalyptique se détache par quelques sursauts de lucidité comique.

World-War-Z-Affiche-FranceQuand un récit de fin du monde se veut le plus réaliste possible, il pose deux questions : comment en est-on arrivé là et y a-t-il un remède ? Les variations sur les réponses ont donné plusieurs opus, dont quelques uns qui ont joué la carte fantasy à fond (Prémonitions, Proyas) ou ont pris un malin plaisir à décortiquer la structure de la pandémie (Contagion, Soderbergh). La meilleure solution reste le type Je suis une Légende (Francis Lawrence), qui commence par la deuxième question afin d’occulter la première. Marc Forster a fait un choix simple : il ne répondra à aucun de ces questionnements.

Gerry Lane (Brad Pitt) a quitté son poste de l’ONU afin de se consacrer à sa famille. Un jour d’embouteillage matinal à Philadelphie, un événement vient chambouler sa routine : une attaque de zombies. Événement isolé ou crise mondiale ? L’ancien casque bleu n’a pour l’instant qu’une seule idée en tête : survivre.

Comment diable donner de la crédibilité à des zombies ? Devenus ringards depuis un bon moment, ils étaient devenus le ressort comique de Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer). L’héroïne de Warm Bodies (Jonathan Levine) a même tenté de les soigner avec le sexe. C’est dire si l’on a tout vu. Et pourtant… Visuellement, WWZ ressemble à un jeu vidéo. Avec une caméra à l’épaule placée au plus prêt des acteurs, elle donne un effet d’immersion assez appréciable pour le spectateur. Elle perd cependant de son dynamisme lors des scènes d’action, assez bruyantes et floues. À moins que ce ne soit un effet de réalisation, mais il ne met pas en valeur l’effet 3D.

World-War-Z-1Les images qui frappent, ce sont ces amas de zombies qui se déversent comme des torrents sur les foules, les hélicoptères, au-dessus des murs… Une sorte de monstre multi-céphale avec but commun, conscient qu’une bonne partie de ses participants finissent en charniers. Une tour de Babel inversée ?

La course-poursuite contre la maladie trouve quelques respirations avec des moqueries implicites envers les zombies : tous se déplacent d’une manière assez grotesques. L’un d’eux claquent ses dents pour exprimer son excitation. Une autre se frotte le visage contre les vitres. Autant d’éléments risibles qui viendraient presque nous faire oublier que très peu de sang est présent dans ce film, malgré les tirs et coups de pied-de-biche à répétition. Le zombie serait-il devenu une figure de divertissement classique ?

Chef d’œuvre ou pas, Brad Pitt en star combiné au dernier jour de la Fête du Cinéma a permis à WWZ de prendre la tête des démarrages de 14h à Paris, avec une moyenne de 310 entrées par copies. La série B n’est donc vraiment plus B.

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Crédits photos : Paramount Pictures